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Quant le lgén Roméo Dallaire a reçu l’appel
pour servir en tant que commandant de l’intervention des NU au Rwanda en 1993,
il pensait qu’il s’en allait pour une modeste et simple mission de maintien de
la paix. Treize mois plus tard il s’est envolé pour la maison quittant
l’Afrique déchiré, brisé, désillusionné et suicidaire, ayant assisté au massacre
de 800 000 Rwandais en seulement cent jours. Dans J’ai serré la main du
diable, il emmène le lecteur avec lui dans un voyage de retour dans l’enfer
du Rwanda, recréant de façon frappante les événements auxquels la communauté
internationale a tourné le dos. Ce livre est un impitoyable compte rendu
témoignant de la faillite de l’humanité d’arrêter le génocide, en dépit
d’avertissements opportuns.
Introduit à travers l’histoire de cette
désastreuse mission se trouve le parcours de Dallaire comme froid guerrier
persuadé à un commandant des NU dévasté, à un général à la retraite engagé dans
une pénible lutte pour trouver jusqu’à un certain point la paix, la
réconciliation et l’espoir. Ce livre est le
comte rendu personnel de la conversion du général Dallaire d’homme sûr de sa
valeur et ayant la certitude de ses hypothèses à un homme conscient de ses
propres faiblesses et faillites et critique des institutions sur lesquelles il
comptait. Ceci ne va pas nécessairement avec les idées standard du leadership
militaire, mais comprendre ce qui est arrivé au général Dallaire et sa mission
au Rwanda est crucial pour s’expliquer les embrouilles morales avec lesquelles
nos gardiens de la paix sont forcés de négocier lorsque nous leur demandons de
s’impliquer dans les déloyales guerres mondiales.
Extraits de
"J’ai serré la main du diable":
Mon récit n’est ni un compte
rendu strictement militaire ni une froide recherche de type universitaire sur
les raisons de l’effondrement du Rwanda. Ce n’est pas non plus une mise en
accusation simpliste des nombreux ratés de l’ONU dans son rôle de gardienne de
la paix dans le monde. Il ne faut pas chercher ici une histoire de héros et de
salauds, même si on pourrait facilement l’écrire.
Ce livre est cri du cœur pour les milliers de personnes qui ont été massacrées,
un hommage envers tous ceux et celles qui furent démembrés à coups de machette à
cause de leurs prétendues différences avec ceux qui s’accrochaient au pouvoir…
Ce livre n’est rien de moins que le témoignage de quelques êtres humains
mandatés pour aider leurs semblables à recueillir les fruits que la paix devait
leur apporter. Au lieu de cela, nous avons vu le diable étendre son emprise sur
le paradis terrestre et se nourrir du sang des gens que nous étions censés
protéger.
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